Alaska

Alaska - première période (1950-2011) :

Datant de 1950, l'Alaska est un circuit des neiges, conçu par la famille Gratepanche, et qui a toujours parcouru le Nord-Pas-de-Calais. Après de multiples propriétaires et bien des modifications, c'est l'occasion sur cette page de revenir sur sa longue carrière et de lui rendre un bel hommage...!! Je ferai cela en deux temps, à partir des photos que j'ai prises du métier depuis le courant des années 2000, et ce pour bien distinguer les aménagements notables qui ont été réalisés sur le métier.

L'Alaska n'a pas toujours a ciel ouvert, il avait encore au début des années 2000, un toit des plus impressionnants, comme le témoignent encore les poteaux de bois qui se dressent tout autour du métier, même si certains d'entre eux ont été remplacés par des poteaux en fer dernièrement, plus faciles d'entretiens et équipés de poulies pour hisser les lourds ponts de phares de scènes.

Les voitures en résine, certainement parmis les plus larges qu'on trouve encore sur ce type de métier ont connus bien des coloris... Les voici telles qu'elles étaient jusque 2007.

Les deux photos ci-dessus (ainsi que celle qui suit), ne sont pas de moi, mais nous permettent de découvrir l'Alaska à l'époque de son toit. La première date de 1988. A cette époque il est encore pourvu de cache-poteaux en plexiglas. Sur la seconde, datant du début des années 2000 et prise à Arras, le circuit des neiges avait déjà une premiére fois eu droit à une mise en peinture de ses voitures dans différents coloris, avant de revenir par la suite à la couleur blanche. Son impressionnante façade était surmontée d'une enseigne rendant son nom visible de loin !!

Encore plus rétro, cette autre photo, qui doit dater des années 50, nous permet de découvrir l'Alaska tel qu'il était lorsqu'il a été conçu par les Gratepanche. Certainement l'une de leurs plus belles réalisations !! On reconnait bien sûr ses magnifiques arcades, et ses escaliers épousant le creux de l'avant du kiosque étaient déjà eux aussi présents. Les voitures quant à elles, étaient de purs traineaux tels qu'on en trouvait sur les circuits des neiges de l'époque. Celles en résine, un matériaux alors encore inutilisé dans les années 50, sont venues bien plus tard...

Ces voitures si larges peuvent accuillir sans problème 3 personnes !!

Elles n'ont jamais été équipées de feux arriéres mais de petits catadioptres, ni de phares avant d'aillleurs (à l'inverse du Grenoble par exemple), mais de plus grands réfléchissants en forme de carré en guise d'éclairage.

Elles composent ainsi une chaine de 22 voitures, remplaçant depuis longtemps les tous premiers modèles en bois entièrement montable dont était équipé le métier à l'origine. A partir de la saison 2007, elles vont ainsi délaissé leur couleur blanche, pour redevenir un temps multicolores !!

Avec la perte de son toit, le métier a du trouver une nouvelle cohésion en terme de style, mais aussi dans sa structure. Ainsi, ce sont ces ponts qui portaient les phares de scènes qui soutenaient en même temps le haut du métier, comme le faisait autrefois les arcades et autres éléments du toit.

Sur l'avant du métier, 4 gerbes de cabochons de l'ancien kiosque avaient aussi leur place.

Découvrons cet incroyable métier en montage à présent, sur la fête de Caudry, en novembre 2010. Tout part donc d'une remorque centrale autour de laquelle va se monter la structure, à ce stade difficile d'imaginer le résultat final, ni même l'impressionnante taille du manège...

Une fois la semelle posée, les chevalets et les poteaux installées, solidement ceinturés par toutes ces plaques couleur alu, la structure du manège en elle même est posée. Au centre et donc à l'arrière de la remorque-centre : la mécanique du manège. Une véritable toile d'acier s'est donc tissée autour de cette remorque...

A ce stade, le rail est déjà posé, prêt à acceuillir les bras et bientôt les voitures. Avant il ne faudra biensûr pas oublier de monter le plancher qui repose aussi sur cette même remorque centrale pour le convoi...

Les poteaux du métier, supportant autrefois son illustre charpente se dressent ainsi vers le ciel. Ils accueillerons plus tard l'immense bâche de fond qui sert notamment à occulter le tunnel.

Quelques heures encore et la remorque de l'Alaska nous livre encore de ses secrets... Entre chacun des 22 bras, viendra se positionner un chassis sur lequel prendra place une voiture...

Et voici donc à quoi ressemble les fameux chassis, fixés de bras en bras pas des attelages et solidement fixés pas des goupilles. Commence alors de longs allers-retours entre le camion et le métier pour y déposer les voitures... (photo prise à Denain, en février 2007)

A ce stade du montage, le métier pourrait tourner dans l'état. Mais c'est sans compter les éléments de décor qu'il convient de lui rajouter pour le finaliser...!

Pour transporter tout cela, un seul camion ne suffit évidemment pas... L'Alaska a connu pendant sa longue carrière de nombreux camions et de marques différentes. Il était même, à l'époque de son kiosque dans les années 80-90, transporté par une semi remorque, accompagnée par un tracteur Berliet TR. Au début des années 2010, et juste avant d'être totalement reconditionné, il possédait alors 2 Renault de la gamme R.

Le premier d'entre eux, ce R340 se chargeait de l'essentiel du métier (poteaux, chevalets, décors, barrières...) Il avait aussi une fonction d'atelier.

Il avait aussi la charge de tracter l'impressionnante remorque centre de foire en foire, comme on le voit ici, à Lens, en décembre 2006.

Un second porteur Renault R (probablement un R385 Major), du début des années 90, transportait quant à lui, les voitures et leurs chassis. Au passage il transportait aussi la sono du manège. Cet impressionnant chassis cabine de 26t de PTAC avait été équipé d'une volumineuse caisse alu.

Etant donné leurs tailles, la meilleure façon de ranger les voitures était alors de les amboiter les unes dans les autres en dans un ordre précis, et protégées par de la mousse pour éviter les heurts pendant les aléas du transport. A ce rythme, l'impressionnante caisse du second porteur était pourtant vite remplie...!

 

Alaska - seconde période (depuis 2012...) :

Après avoir fait rêvé plusieurs générations d'enfants et d'adolescents, l'Alaska, a donc totalement été repensée et reconditionnée sur une nouvelle remorque, et ce à partir de la saison 2012. Et le moins qu'on puisse dire c'est que le nouveau métier réserve bien des surprises du point de vue de son montage et de son chargement...!

Première différence notable : l'accès à la caisse, qui se fait désormais par le bas du manège et non en haut de la première bosse. Un élément qui peut s'avérer plutôt rassurant pour le public parfois anxieux à l'idée de se faire happer par une voiture lancée à pleine vitesse. Autre avantage de cette configuration, la caisse peut se positionner indifféremment d'un côté ou de l'autre du manège et donc s'adapter à tous les cas de figure. Question couleur, le plancher est devenu bleu et blanc, et donc parfaitement raccord avec l'esprit "circuit des neiges".

Si le circuit a conservé un certain nombre de ses anciens éléments, notamment son rail, bras, chassis et voitures, ses dimensions ont été légèrement revues sur l'avant pour permettre l'installation d'une plateforme d'accès permettant la circulation beaucoup plus sécurisée de la clientèle. Chacun des accès de cette plateforme est surplombé d'une arche sur laquelle est inscrit le nom du métier.

L'entrée du tunnel a de plus été modernisée, dans le thème du circuit des neiges bien sûr !!

Sur ces deux photos, de jour et de nuit, l'Alaska semble être dans sa précédente version ; exception faite du plancher peint alors en rose et vert. Pourtant, il s'agit bien du nouveau métier, sur sa nouvelle remorque centre...! Autre différence de taille avec ce qui va suivre : il possède alors encore ses anciens escaliers qui permettent l'accès du public, et la nouvelle plateforme n'est alors pas encore conçue.

Les illustres voitures en résine ont repris leur couleur blanche et se sont pourvues d'une décoration toute neuve. Un beau coup de jeune qui leur assure encore de longues années devant elles à coup sûr !! Exit aussii les anciennes barrières et les poteaux en bois... Le métier s'est équipé dans des matériaux plus facile d'entretien. Les phares de scènes ont quant à eux toujours une place de prédilection sur les côtés du manège.

Les 22 voitures, en plus d'avoir été repeintes, se sont vue aussi offrir une superbe sellerie neuve !!

Si la caisse est aujourd'hui séparée du métier et de sa remorque centre, elle n'en est pas moins un véhicule supplémentaire dans le convoi, qui prend tout naturellement place derrière le convoi principal du métier : porteur + centre. Dans les premiers temps, ce fut cette petite remorque mono-essieu qui assurait donc la fonction de caisse. Celle-ci avait d'ailleurs commencé sa carrière au service d'un paratroop : le Schulz 2000, avant de croiser la route de l'illustre Alaska...

Elle fut finalement remplacée par celle-ci, à l'allure plus moderne, et pourvue d'un double-essieu central.

Le montage de la nouvelle Alaska permet donc de comprendre à quel point les changements sur le métier ont été radicaux. A ce stade, pas de changement notoire : le métier se monte toujours à partir d'une semelle d'acier qui se tisse autour de la remorque et prend appui dans ses ridelles une fois baissées. Un simple regard sur le chargement de la remorque centre suffit à un connaisseur du métier pour voir la somme des changements... Sur celle-ci repose ainsi l'essentiel de la base du manège : calage, planchers, mécanique, bras, chevalets, poteaux... Une partie de ces éléments étaient autrefois transportées dans un camion.

Mais c'est sans compter sur le mat central qui sert de point d'appui à un solide bras et permet donc de déplacer rapidement et avec plus de facilité les éléments du métier. A ce stade, une partie des chevalets et des poteaux sont déjà placés. Chaque chevalet est ainsi fixé à un poteau. Et sur chacun d'entre eux les plaques d'alus qui forment le tour du métier se replient par un système de charnières. Portés individuellement à la grue depuis le centre du métier, chaque manipulation en vaut 3 sur l'ancien métier...!!

Voici une vue de profil du métier, de part puis d'autre, et de derrière. Hormis la présence du nouveau plancher avant, l'aspect est sensiblement le même. La bâche de tunnel a parfaitement retrouvé sa place. Autre changement qui nous ai tout de suite rappelé, l'absence de la caisse sur la partie avant de la remorque du centre ; cette partie est désormais un compartiement de rangement bien pratique lors du chargement.

Pour le transport, 2 porteurs sont toujours nécessaires, mais de taille plus petite que les précédents : un pour les éléments du kiosque et un pour les voitures. Il s'agit 2 deux Renault Magnum blanc, équipés de caisses tautliner. Voici le premier des 2 ensembles qui rappelle biensûr le convoi de l'ancien métier.

Seule différence, le centre tracte désormais la caisse du métier, puisque dans cette nouvelle version il a été décidé de la séparer.

On retrouve le porteur Renault Magnum entrain de placer par l'avant sa précieuse remorque...

Strictement identique au précédent, ce second porteur Magnum transporte désormais les voitures.

Les 2 Renault Magnum, tels des frères jumeaux indifférenciables, assurent donc au métier ses voyages sur les fêtes de la région, pour de longues années encore. C'est en tout cas tout ce qu'on peut souhaiter à l'Alaska...!!

Textes et photos : Julien M.